K. Remy Sa’at the hours

Alaleh ALAMIR SA’AT : Les Heures
Galerie de la Marine, Musées de Nice 18 mars – 19 mai 2000

Alaleh Alamir a conçu pour cette exposition, à la galerie de la Marine, un dispositif qui met en présence deux éléments :
la lumière du jour et la lumière intérieure. Pour le peintre, la clé de toute perception c’est le temps, et notamment la durée
(le temps qui passe).

Saisissant l’opportunité de cette galerie toute en longueur, telle une “camera oscura”, elle place le spectateur au centre: mis en présence des œuvres, il se situe dans le champ de la perception temporelle, et devient lui-même le prisme qui reflète et transforme la lumière émise par les œuvres.

Car Alaleh réussit ce miracle que la toile ne soit pas un miroir mais l’origine d’un rayonnement intense, que ce soit d’elle que fuse la lumière. La technique picturale des glacis longuement intériorisée et, bien entendu, transformée par le peintre, donne lieu à des séries.

Pour la première fois sera présenté un fragment de la série des Heures, commencée en 1989. Ces panneaux en bois, peints dans tous les pays où le peintre a voyagé, que l’on peut comparer au travail de Monet notant tout au long du jour la progression de la lumière sur la façade de la Cathédrale de Rouen ou sur des Meules, formeront finalement un ensemble de 250 m2, et recueillent les fruits d’une expérience effectuée à travers le monde sur une période de plus de dix ans.

Aqua-Iris y Pergamino, œuvre tridimensionnelle, fait intervenir des aquariums (liquidité de la lumière) à la façon des vitraux, tandis que le déroulement vertical d’une “chute d’eau” intercepte le temps qui passe dans une troisième expérience. Les glacis interagissant avec des pigments “fluo” et des feuilles d’or accentuent la vibration des couleurs et font intervenir le mouvement.

L’activité expérimentale d’Alaleh sur un matériau aussi impalpable que l’onde lumineuse, fait songer à celle des piégeurs d’éclairs : elle la poursuit à la fois en arpentant le monde et dans l’atelier où se produit l’alchimie picturale.

Le spectateur, ébloui, devrait retrouver dans ce milieu ondulatoire la sérénité, et même entendre vibrer la lumière.

Katy Rémy, 2000

 

Alaleh Alamir SA’AT: The Hours
Galerie de la Marine, Musées de Nice March 18 – May 19, 2000

For this exhibition at the ‘Galerie de la Marine’, Alaleh Alamir has conceived a scheme that brings two elements together: daylight and inner light. For her, the key to all perception is time and more specifically, duration.

Seizing the opportunity presented by this gallery, long and narrow like a ‘camera oscura’, she places the viewer at the center, in the midst of the work. Once situated in the field of temporal perception, he becomes himself the prism that refracts and transforms the light emitted by the work.

Alamir performs a miracle in which the canvas is no longer a mirror but is the origin of an intense radiance such that the light issues forth. Having fathomed the technique of glazing, she transforms it, giving rise to a series.

In this exhibit, a fragment of her series ‘Les Heures’, begun in 1989, is presented for the first time. These wooden panels were painted in all of the countries to which the artist has journeyed. One could compare them to Monet’s work marking the daylong progression of light falling upon the facade of the Rouen Cathedral or on haystacks. The panels ultimately form an ensemble of over 2,691 square feet, harvesting the fruit of an experience gleaned across the world over a period of more than ten years.

The three dimensional work ‘Aqua-Iris y Pergamino’ employs aquariums (light’s liquidity) in the manner of stained-glass windows, as the vertical unfurling of a “waterfall” intercepts passing time in a third experience. The glazes interacting with fluorescent pigments and sheets of gold leaf, accentuate the vibration of color and set it all into motion.

Alamir’s experimentation with a material as evanescent as that of light’s visible wavelengths makes one think of the ‘piégeurs d’éclairs’. She has been pursuing it pacing both the globe and up and down her studio where a painterly alchemy occurs.

The bedazzled viewer should find serenity in this undulating midst, and even hear the vibration of light.

Katy Rémy, 2000